Le CHM : la surface

Le Centre Historique Minier est situé sur le territoire de la commune de Lewarde, entre Douai et Denain, à l’extérieur toutefois de la ville, sur une route secondaire menant de Lewarde à Erchin. L’accès ne peut donc s’y faire aisément qu’en véhicule individuel ou dans un car affrété pour l’occasion ; un parking relativement important est d’ailleurs prévu pour les véhicules des visiteurs. À l’entrée de ce parking se trouve un panneau d’information sur le Hainaut-Douaisis avec une carte touristique. La plupart des indications du parking figurent en français et en anglais.

On accède au centre par un hall très moderne, à l’avant des anciens bâtiments, qui abrite à la fois l’accueil, les caisses, la boutique, un café et les sanitaires. Des photos de mineurs sont accrochées aux murs, ainsi que des photos montrant les visites de célébrités à Lewarde. On retrouvera ces photos de mineurs à l’intérieur du restaurant. L’endroit reste cependant assez dépouillé. C’est là qu’un(e) conférencier(e) vous accueille pour la visite guidée.

Au Centre historique minier de Lewarde, la visite guidée se déroule en deux étapes successives et bien distinguées par la nature des espaces traversés ainsi que le contenu du discours associé. En effet, c’est d’abord une conférencière du musée qui présente les installations de surface, puis un ancien mineur de fond qui fait visiter la mine elle-même ou du moins le parcours souterrain aménagé pour les visiteurs.

Accueilli par une intervenante du Musée de la mine, le visiteur se rend par un long couloir, dans la salle dite « des pendus »1.

Cette pièce est en fait la salle des douches communes destinée aux mineurs de fond. Elle tire son nom des uniformes suspendus en hauteur, grâce à un système de cordes et de poulies. Ainsi, chaque mineur peut suspendre alternativement ses vêtements civils et son uniforme à un crochet identifié par son numéro. La circulation de l’air en hauteur permet de faire sécher ces habits.

Lors de cette première étape, l’histoire de la mine du Nord-Pas-de-Calais et celle de la fosse Delloye en particulier est évoquée, la conférencière fait le point sur le vocabulaire spécifique de la mine ainsi que sur le déroulement type d’une journée de travail.

Ensuite, c’est à la lampisterie que la visite continue. Dans cette pièce sont exposés sur les rayonnages d’origine les différents types de lampes utilisées avec leurs évolutions au cours du temps : les améliorations d’isolation de la flamme pour prévenir les « coups de grisou », mais aussi les défauts des premières lampes électriques. L’entretien des lampes, qu’il fallait nettoyer et recharger quotidiennement était réservé aux femmes, en particulier aux très jeunes filles, car bien que pénible, ce travail était considéré comme l’un des moins dangereux et des moins fatigants. Par ailleurs, les femmes et les enfants ne pouvaient descendre dans les mines. Le visiteur prend ainsi véritablement la mesure de la pénibilité des travaux effectués (la salle de la lampisterie est très froide en hiver, étouffante en été), même en dehors de la mine. Il saisit aussi plus précisément l’organisation sociale associée aux mines.

1Cette dénomination n’a pas pour origine le vocabulaire de la mine et des mineurs, qui l’appelaient simplement « salle de bains » ou « lavabo ». Ce sont les journalistes qui, à l’occasion de la couverture médiatique de catastrophes comme celle de Courrières (1906), on diffusé cette appellation.