Histoire et théorie de l’incertitude

Ce cours compte pour la mineure géopolitique et relations internationales.

J. Peter Burgess

S1, 6 crédits

Qu’est-ce que l’incertitude ? Nous en sommes toujours incertains. Concept fondamental de la société du risque, l’incertitude est le moteur d’une ambivalence remarquable. Si Kant avait affirmé mesurer l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter, Sartre a riposté qu’il préférait le désespoir à l’incertitude. L’incertitude inspire, l’incertitude condamne. L’incertitude est la présupposée de la spéculation capitaliste et le Némésis de la société libérale. Malgré l’évolution météorique des sciences « certaines » depuis la révolution industrielle, nous sommes contraints de constater que la pratique scientifique n’est pas capable de nous émanciper de l’incertitude. Au contraire, la science moderne, en frayant le chemin vers des savoirs inédits, ne fait qu’ouvrir de nouvelles sources d’incertitude. Ce cours cherchera à reconstruire les contours de ce concept clé dans la pensée occidentale. En partant de la perplexité platonicienne et de l’ « incertitude morale » de Leibniz et Bernoulli, en passant par l’ambivalence Romantique entre foi et savoir, le bouleversement du doute moral de Nietzsche, l’hésitation pragmatique de Dewey, la mise entre parenthèse épistémologique de Wittgenstein, l’indéterminisme quantique de Bohr, la variabilité économique de Keynes et Savage, pour arriver au cygne noir de Taleb.

Mardi 14h-16h - premier cours : 17/10

46 rue d’Ulm Salle conférence

Validation : assiduité, participation, compte-rendu écrit d’un ouvrage