Vers une décongestion de la Part-Dieu

 Parmi les Grands Projets mis en œuvre par la communauté urbaine du Grand Lyon, on trouve ceux qui concernent la Part-Dieu, à la fois comme quartier et comme gare. A court terme, le projet « Gare ouverte » prévoit deux modifications afin de limiter la saturation des flux dans la Gare : d’une part, les aménagements urbains autour de la gare (qui sera appelée pôle d´échanges multimodal, PEM) et d’autre part, la création de la douzième voie L .

Le dossier de la concertation initiée en juin 2013 précise qu´il s’agit d´un projet partenarial entre le Grand Lyon, SNCF Gares&Connexions et Réseau Ferré de France. Les objectifs, validés en avril 2013, concernent d’abord la désaturation du pôle d’échanges via l’augmentation de sa capacité, ensuite le renforcement des intermodalités et de l’accessibilité à la gare, et enfin l’amélioration de la qualité du service pour les usagers du ferroviaire (voie L).

Le futur pôle d´échanges multimodal est pensé, tant du point de vue des besoins régionaux, que de celui de l’échelle européenne, à travers la métropolisation de la ville de Lyon. Il s´agit, selon le dossier, de chercher « un espace d´accueil qualitatif pour tous, digne de cette métropole européenne » . Ainsi, la surface d´accueil de la gare sera augmentée de 15 000 m² à l’Est (Avenue Pompidou) et de 33 000 m² à l’Ouest, après la démolition de certains bâtiments.

Légende : Les deux phases d´aménagement (Source : Dossier de concertation, Grand Lyon 2013, p.19).

Le projet de « gare ouverte » est scindé en trois phases : la première période (2013-2015) comprend la concertation (terminée en octobre dernier) et les études d’avant-projet de la première tranche de travaux.

L’année 2014 rassemblera les études d´avant-projet et d´impact, ainsi que la démolition du bâtiment central, place Béraudier. En 2015, les entreprises seront concertées, et les permis de construire seront validés. La deuxième période (2016-2019) comprend le lancement des travaux pour la construction de la voie L, ainsi que des espaces publics, livrés en totalité pour 2021. La troisième période concerne une seconde tranche de travaux qui s’étaleront sur entre 2020 et 2028.

Au-delà du projet de « gare ouverte », un aménagement de plus grande envergure est actuellement étudié, celui d’une gare souterraine, rendue possible par les travaux opérés dans les années 2020 . Coûtant entre 1,73 et 2,53 milliards d’euros pour la mise en place de quatre nouvelles voies, le projet suscite certains débats. Quand certains considèrent cette gare comme inévitable, d’autres en fustigent le coût, et conseillent davantage le détournement d’une partie du trafic ferroviaire vers la gare de Saint-Exupéry, sous exploitée. Néanmoins, selon Bruno Flourens, directeur de Réseau Ferré de France pour Rhône-Alpes, « sans réalisation d’infrastructures lourdes, on ne pourra donc pas répondre à la demande des autorités organisatrices et entreprises ferroviaires qui veulent faire arriver de nouveaux trains à la gare Part-Dieu » . Deux cas sont envisageables. Quand le premier prévoit la construction d’un tunnel de 9km réservé aux TER, le second prévoit un tunnel de 12km, équipé cette fois pour accueillir les trains à grande vitesse en provenance du nord de Lyon. Dans les deux cas, il faudra veiller à la logistique autant qu’à l’infrastructure : la gestion de la Part-Dieu, autant que sa structure, sont mises en cause dans le problème de congestion.