Une gestion en commun du réseau hydrographique transfrontalier

Un réseau hydrographique transfrontalier très dense

La frontière entre la France et la Belgique au niveau de la région Nord Pas-de-Calais est traversée par la Sambre, l’Escaut (avec son affluent, l’Haine méridionale), la Lys, l’Yser et les canaux des Wateringues (dans la région de Dunkerque). L’écoulement des cours d’eau se fait en direction du Nord, donc de la France vers la Belgique.

Le bassin versant de l’Escaut concentre la plupart des projets de coopération transfrontalière en raison de son importance. Il constitue un DHI (District hydrographique international) s’étendant sur 36400 km² (bassin versant) et long de 350 km, fortement peuplé (13 millions d’habitants).

Les enjeux de la gestion transfrontalière

La gestion la plus intégrée est celle de l’Escaut. La coopération se décline selon plusieurs objectifs : contrôle de la qualité de l’eau, système d’alerte en cas de pollutions accidentelles, prévention des risques d’inondation et de sécheresse. Depuis 1994 et la signature d’un accord par les pays traversés par l’Escaut (France, Belgique, Pays-Bas) portant sur sa protection, le Plan d’Action Escaut a été développé et vise à restaurer les rives et les écosystèmes du fleuve.

La coopération transfrontalière peut aussi passer par la mise en valeur touristique des cours d’eau, comme c’est le cas pour la Sambre, itinéraire de plaisance très prisé par les touristes belges et hollandais. Le comité d’action « Collectif Canal » a ainsi engagé une mobilisation transfrontalière pour obtenir la transformation du canal de Roubaix, reliant le bassin de la Deûle à celui de l’Escaut, en voie navigable de plaisance en opposition au projet des élus locaux voulant en faire une voie rapide.

Le caractère transfrontalier de ce réseau hydrographique nécessite une coopération en matière de traitement des eaux. Ainsi, les villes françaises comme Roubaix, situées sur le bassin versant de l’Escaut, se doivent de mettre aux normes leurs stations d’épuration.

Cependant, la coopération est difficile dans le domaine de l’aménagement urbain des bassins hydrographiques car le diagnostic territorial et les normes diffèrent de part et d’autre de la frontière.