Un investissement écologique mais coûteux

Les préoccupations écologiques de la communauté d’agglomération

L’objectif affiché est d’encourager les habitants à abandonner leur voiture à l’extérieur de la ville dans des parcs relais pour les habitants du périurbain et dans les parkings souterrains pour les dijonnais, pour prendre ensuite le tram ou le vélo. Les questionnements du développement durable sont clairement pris en compte dans l’élaboration du projet territorial, qui repose à bien des égards sur une vision de long terme.

En effet, de très nombreux détails ont été soigneusement réfléchis. Un bilan carbone a établi qu’il faudrait 12 ans pour compenser les émissions de CO2 liées aux travaux du tram. Le long de l’itinéraire du tram, le nombre d’arbres sera doublé. L’eau récupérée des piscines municipales et du pompage des parkings souterrains servira à l’arrosage des pelouses. Les trams seront nettoyés à l’eau de pluie, pour économiser une consommation de près de10 000m3 par an. La construction sera alimentée en matériaux de récupération. Un réseau de chaleur utilisera les eaux usées et la biomasse pour le chauffage de bâtiments. Enfin, le dépôt bus-tram sera équipé de panneaux solaires produisant suffisamment d’énergie pour compenser la consommation électrique des trams. Après la mise en service des trams, le parc de bus sera progressivement renouvelé pour laisser place à des bus hybrides.
 

Chantier marquant l’arrivée du tram à la gare de Dijon - Lucile Biarrotte, 2011


Obtenir des financements : stratégies et compromis

Mettre en place de tels projets pose de réels défis de financements. Le budget global du tram s’élève à 398 millions d’euros, somme trop important pour être assumée par une seule communauté d’agglomération. Des financements subsidiaires ont donc été obtenus. L’Union Européenne participe à travers le fonds structurel FEDER (Fonds européen de développement régional), ainsi que le département de Côte-d’Or, la Région Bourgogne, et l’État français. Dijon étant connue pour le prix assez faible de ses transports en commun en comparaison de leur qualité, le prix d’un ticket devrait passer d’un euro à un euro 20 une fois le tram achevé. Dijon n’est pas, loin s’en faut, parmi les premières capitales régionales à s’équiper d’un tram. Aussi la communauté d’agglomération a-t-elle pu profiter du retour d’expérience de nombreuses villes et a procédé à un achat groupé du matériel roulant avec la ville de Brest, procédure inédite qui a permis une baisse significative du prix d’achat, d’environ 20%.