Un atout paradoxal : les manques que le projet vient combler

Pour convaincre le jury, l’association Marseille-Provence 2013 a insisté non pas seulement sur son programme culturel mais sur les répercussions positives d’un événement d’une telle envergure sur le territoire métropolitain. La question de l’amélioration des transports publics, très insuffisants à Marseille, est notamment au cœur des discussions ; celle du handicap est également évoquée, l’événement pouvant permettre une sensibilisation du grand public. Mais le principal enjeu a porté sur l’accès à la culture pour tous, avec le soutien par exemple d’équipes d’Acteurs de Participation Citoyenne (APC) dans les milieux scolaire, hospitalier et carcéral. Le développement à long terme des équipements culturels construits dans le cadre de Marseille-Provence est également mis avant. L’accent est mis sur l’opportunité que représente un tel événement pour une ville marquée par une certaine pauvreté et par une image fréquemment réduite à divers clichés que le statut de Capitale européenne de la culture pourrait permettre de briser.

En outre, la candidature de Marseille-Provence présente la spécificité d’associer la ville à sa région : les promoteurs du projet font en effet le pari d’une Capitale européenne de la culture contraignant à une certaine solidarité territoriale, alors que les acteurs y interagissent plus habituellement selon des logiques de rivalité. Plus qu’un simple événement culturel, l’enjeu majeur de la candidature est aussi de faire advenir un espace métropolitain aujourd’hui très morcelé.

C’est donc un véritable projet de territoire, fondé sur des arguments culturels mais aussi sociaux et politiques, que présente Marseille-Provence lors de la sélection de la Capitale européenne de la culture 2013.