Synthèse et conclusion

L’ensemble de cartes présenté dans les pages précédentes fournit une analyse des différents aspects de l’étalement urbain, des navettes domicile-travail et de la dépendance à l’automobile dans l’arrondissement de Lille. Si les processus sont bien les mêmes qui sont à l’oeuvre dans un grand nombre d’agglomérations urbaines françaises ou européennes, la métropole lilloise offre un certain nombre de spécificités qui tiennent à l’histoire et à la géographie spécifique de cette grande agglomération urbaine :

  • le caractère composite et multipolaire de l’agglomération, dans laquelle la ville-centre est concurrencée par 3 ou 4 centres importants,
  • la présence de la frontière qui, sur le demi-cercle nord et est limite l’agglomération. La perception de cette limite est cependant renforcée par l’absence de données statistiques qui ne permet pas de rendre compte de la continuité des fortes densités urbaines vers les villes belges de Mouscron et Kortrijk ; l’existence de flux transfrontaliers est cependant révélée par la cartographie des données sur les emplois à l’étranger,
  • la péri-urbanisation qui se déploie à l’ouest, au sud et à l’est de l’agglomération lilloise est confrontée aux enjeux de la rénovation urbaine des anciennes cités industrielles du « versant nord-est » de l’agglomération ; elle s’inscrit dans le cadre d’une ségrégation socio-spatiale qui prend des formes assez différentes de celle qui résulte habituellement du seul fait des prix du foncier et de l’immobilier.

Les modèles spatiaux habituels (centre-périphérie, opposition de secteurs, polycentrisme, etc...) prennent ici une configuration particulière que le croquis d’interprétation tente de résumer.