Subsistance des discontinuités

II- Un effacement incomplet et un report des discontinuités

Malgré l’ambition affichée par la Mairie comme par les promoteurs immobiliers de mettre le paysage séquanien au centre des opérations d’urbanisme, l’accès au fleuve, physique ou symbolique, reste incomplet.

a. Des discontinuités majeures subsistent
En dépit de la volonté affichée de « reconquête du front d’eau » par la construction d’un parc immobilier neuf et tourné vers la Seine sur les anciennes friches industrielles, des discontinuités existent toujours. En effet, le paysage considéré depuis les fenêtres d’un immeuble n’est pas sous la même perspective que depuis la rue, et entre la Seine et le premier rang d’immeubles, la continuité n’est pas réalisée.

Figure 3- Paysage le long de la voie sur berge : opération immobilière face au Port de Paris (photo : Eloïse Libourel)

 Cette photographie prise à Issy-les-Moulineaux montre à gauche un immeuble récent, devant lequel un panneau fait la publicité de l’urbanisme à haute qualité environnementale en front de Seine. Cet immeuble donne sur la départementale 7, route à forte fréquentation qui relie Paris à l’ouest de l’agglomération, et sur la cimenterie Unibéton implantée sur le périmètre du Port autonome de Paris. D’ailleurs, le bâtiment présente relativement peu d’ouvertures de ce côté. Son entrée se situe sur une autre rue et les fenêtres ne sont pas nombreuses à permettre la vue sur la Seine.
Ce n’est donc pas parce que la « reconquête des berges » est érigée en principe urbanistique qu’elle se traduit réellement dans les faits. Ici, il semble plutôt que les aménagements soient pensés longitudinalement en bandes parallèles au fleuve, ce dernier constituant un argument valorisant pour le bâti du premier rang sans que cela ne se traduise par la réalisation d’une continuité, physique ou même visuelle, entre immeubles et fleuve.
Si des ruptures entre la Seine et le premier rang d’urbanisation, de facture très récente, existent, il convient de s’interroger sur la manière dont ces nouveaux îlots et immeubles peuvent s’intégrer à la ville et au quartier dans lequel ils sont. En effet, leur destination première est a priori de s’ouvrir sur un fleuve auquel ils tournent finalement le dos, ce qui pose la question de leur ouverture sur le reste d’Issy-les-Moulineaux.

b. Les promotions semblent parfois reproduire les anciennes ruptures

c. Le report de la discontinuité vers le deuxième rang d’urbanisation