Présentation

Compte rendu rédigé par Aurélien d’Avout, Aude Le Gallou, Paul Jutteau et Charlotte Réquillart.

 

Chaque année au mois de novembre a lieu, depuis 1851, une vente aux enchères traditionnelle des vins de Bourgogne de prestige, située aux hospices de Beaune. Du fait de son importance, celle-ci fait office de baromètre international du marché des vins de prestige. Cet événement n’est pas seulement l’illustration de l’importance de la tradition et de l’histoire dans le commerce des vins de terroir, mais est également l’indice de l’existence d’un ensemble complexe et unifié de pratiques – allant de la culture de la vigne à la commercialisation – mis au service de la renommée des vins de Bourgogne.

Cette alliance de diverses pratiques et activités liées à la vigne n’a pu prendre naissance que sur une échelle de temps long. Ainsi, le discours d’Eumène qui constitue le texte le plus ancien attestant de l’existence de pratiques viticoles dans cette région est daté de l’an 312.
L’histoire a permis de forger une notion centrale pour le vignoble bourguignon : le terroir. Ce terme, dont les origines remontent au Moyen-âge, est aujourd’hui le support des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) en Bourgogne et représente le fondement de la qualité des vins de cette région. En Bourgogne, le terroir se présente sous l’angle simultané de l’unité et de la multiplicité. Ainsi l’unité de la qualité se décompose-t-elle en Grands crus, Premiers crus, Régionales et Villages, l’unité d’exploitation (sur un synclinal d’orientation Nord-Sud) en « climats », l’unité des Vins de Bourgogne en multiples appellations, etc.

Comment dès lors définir le terroir au sein de la réalité dynamique de la vini-viticulture bourguignonne ? C’est dans une prise en compte des éléments topographiques, organisationnels, politiques, mais également historiques que l’on pourra répondre à cette question. Il s’agit ainsi de proposer une définition évolutive du terroir, qui nous aide à comprendre l’organisation actuelle du vignoble bourguignon, liée autant à son histoire qu’aux défis que représente le futur de la commercialisation du vin. 

Photographie ci-contre  : Vignoble de la Côte-d’Or, aux alentours de Beaune. À l’avant-plan, le vignoble s’étend sur les pentes orientées vers l’est depuis le « talus de la côte », divisé en multiples parcelles. À l’arrière-plan, autres escarpements de la faille. © Charlotte Réquillart.

Plan

  1. Présentation du cadre général : le vignoble de la Côte d’Or et les éléments naturels et humains qui fondent son unité
  2. Une grande diversité qui fait la spécificité du vignoble de la Côte d’Or
  3. Constructions et usages des terroirs

Bibliographie et sitographie

  • Ouvrages généraux

    • Brunet, Roger, Les mots de la géographie, La documentation française, 2005
    • Hummewinkel, Jean-Claude (dir.), Faire le terroir. AOC, terroirs et territoires du vin. Presses universitaires de Bordeaux, Pessac, 2010.
    • Jacquet, Olivier, Un siècle de construction du vignoble bourguignon, 2005
    • Johnson Hugh, Robinson Jancis, L’Atlas mondial du vin, Flammarion, 2008
  • Articles

    • Chabin Jean-Pierre, « L’excellence aux limites… ou le paradoxe des vignobles septentrionaux français d’après l’exemple côte-d’orien » in Revue géographique de l’Est, n°44/1-2, 2004
    • Demossier, Marion, « Territoires, produits et identités en mutation : les Hautes-Côtes en Bourgogne viticole », Ruralia, août 2001.
    • Dion Roger, « Querelle des anciens et des modernes sur les facteurs de la qualité du vin » in Annales de géographie, n°328, 1952
    • Laferté, Gilles, « La mise en folklore des vins de Bourgogne : la « Paulée » de Meursault », Ethnologie française, nouvelle série, T. 33e, No 3e, Cultures régionales : singularités et revendications.
    • Maby Jacques, « Idée de nature, idée d’action humaine : rouages mentaux et affectifs des systèmes spatiaux : l’exemple du vignoble de qualité » in Géopoint 96, Université d’Avignon, 1997