Présentation

 

 

Les falaises calcaires qui plongent dans la mer Méditerranée constituent l’une des spécificités remarquables du paysage des Calanques de Marseille, Nicolas Toraille, 2011

Les Calanques de Marseille constituent un territoire extraordinaire par sa beauté et sa diversité biologique. Aux environs immédiats de l’agglomération marseillaise, il en est le principal espace vert, dans une ville qui en compte très peu. Cet espace est très fréquenté par les Marseillais. Le périmètre du GIP accueille 1,3 millions de visiteurs annuels (www.gipcalanques.fr, rubrique « Découvrir les Calanques », sous-partie « Un territoire fragile »), ce qui en fait l’un des espaces protégés le plus visités de France.

En comparaison, le Parc National des Pyrénées est le premier en termes de nombre de visiteurs annuels. Avec une fréquentation de 1,5 millions de personnes par an (www.parcnationaux.fr, fiche « Parc national des Pyrénées », rubrique « Enjeux »), il n’est pas très loin devant le GIP des Calanques.

Des activités multiples s’y déroulent. Les habitants viennent y pratiquer du sport, tels que le jogging, et y font de la promenade. Mais le site attire également de nombreux touristes (qui se distinguent des habitants en ce qu’ils sont éloignés de leur domicile pour au moins vingt-quatre heures). Leur présence nécessite des aménagements comme des logements, des accès par la route. Les Calanques prennent part, dans ce cas, à un ensemble de visites associées à la Provence et à Marseille, telle que celle des îles du Frioul par exemple. Par conséquent, on peut observer un risque de conflit d’usages entre ces différents visiteurs, habitants et touristes, qu’il sera intéressant d’étudier. Mais on peut également noter que les différentes activités de loisirs, en supposant un usage différencié du lieu, peuvent entrer en concurrence entre elles.

[Cette question, abordée dans le cadre des pratiques sportives, est l’enjeu de l’article de Niel Aurélien et Sirost Olivier, « Pratiques sportives et mise en paysage (Alpes, Calanques marseillaises) », in Études rurales, 2008/1, n°181, pp.181-202. Ils y comparent en effet les différences de perceptions et usages de l’espace faits par les randonneurs, les joggeurs, et les adeptes de l’escalade].

Néanmoins, cette présence marquée d’activités humaines entraîne des risques majeurs dans un espace naturel aussi riche. C’est pourquoi des mesures de protection ont été prises, et ce de manière progressive, jusqu’à aboutir au projet de Parc National des Calanques de Marseille, prévu pour décembre 2011, et réalisé par le GIP (Groupement d’intérêt public) des Calanques de Marseille, qui assure également la protection du lieu.

Cette dernière ne peut donc s’envisager sans prise en compte des activités humaines présentes qui risquent de menacer la zone. S’il semble nécessaire de les limiter, la protection est tout de même problématique, dans la mesure où elle est également guidée par la nécessité de sauvegarder le caractère récréatif d’un lieu cher aux Marseillais. Il s’agit donc, en quelque sorte, de limiter les activités humaines pour permettre leur pérennité sur le long terme. Si cette démarche est commune toute protection, et ne distingue pas le GIP des Calanques d’autres institutions comme les Parcs Nationaux, la présence d’une grande ville dans le voisinage immédiat du périmètre accentue l’importance des activités humaines, et donne un rôle de tout premier plan à certains facteurs sociaux et économiques

(Les fiches de présentation des différents Parcs Nationaux français, consultables sur le site http://www.parcnationaux.fr/, peuvent s’avérer assez révélatrices à cet égard. Celle du projet de Parc national des Calanques précise le nombre de visiteurs annuels dès la page d’introduction générale, alors que tous les autres parcs recensent le nombre d’espèces présentes, la superficie de leur périmètre, éventuellement le nombre de résidents permanents dans la zone centrale, sans indiquer leur fréquentation touristique, comme si ce facteur n’était que secondaire).

Pour saisir ces ambiguïtés, le territoire sur lequel s’est mis en place la protection, ainsi que les étapes et enjeux de celle-ci, seront étudiés. Ensuite, les modalités de la protection seront décrites. Enfin, nous envisagerons les difficultés actuellement rencontrées par le GIP et les enjeux qui se posent à travers la création prochaine, mais toujours retardée et problématique, du Parc national.

Plan

  1. Les Calanques : un territoire de protection ancien
  2. Le GIP, fonctionnement et actions
  3. Le GIP, entre protection et conflits d’usages
  4. Conclusion

Bibliographie

AUGER Pascal et REYNAUD Emmanuelle, « Le Rôle de la confiance dans la gestion du risque d’incendie », Revue française de gestion, Éditions Lavoisier, 2007/6, n°175, p. 155-169.

BONCOEUR Jean et alii., « La gouvernance des aires marines protégées : le projet de parc marin en Iroise, un exemple de processus participatif ? » , Mondes en développement, 2007/2 n° 138, p. 77-92.

CHARLES Lionel et KALAORA Bernard, « Pensée, sensibilité et action dans la société française autour de la question de la nature », Annales de géographie, 2008/5 n° 663, p. 3-25.

DEPRAZ Samuel, Géographie des espaces naturels protégés : Genèse, principes et enjeux territoriaux, Armand Colin, Paris, 2008, 320p.

DURBIANO Claudine, « De la marginalisation à la reconquête environnementale et patrimoniale des collines de l’aire métropolitaine marseillaise », Rives méditerranéennes, 2003/3, n°15, p. 41-52.

DUVAL Mélanie et GAUCHON Christophe, « Analyse critique d’une politique d’aménagement du territoire, les opérations grands sites », Annales de géographie, 2007/2, n°654, p. 147-168.

GOIFFON Marie et CONSALES Jean-Noël, « Le Massif des Calanques (Marseille-Cassis) et la Pointe des Châteaux (Saint-François, Guadeloupe), Périmètres d’intervention et mesures de protection sur deux grands sites littoraux périurbains », in Méditerranée, 2005, n°105, p. 29-35.

LASLAZ Lionel, 2007, « Autour de la nouvelle loi sur les parcs nationaux français : enjeux et conflits », in La France, des territoires en mutation, Géoconfluences.

MIT (équipe), « La Mise en tourisme des lieux : un outil de diagnostic », in Mappemonde, 2001.1, n°57, p. 2-6.

NIEL Aurélien et SIROST Olivier, « Pratiques sportives et mise en paysage (Alpes, Calanques marseillaise), Études rurales, Éditions de l’EHESS, 2008/1, n°181, p. 181-202.

Sitographie