Patrimonialisation et réhabilitation urbaine

Le classement au « patrimoine culturel évolutif de l’humanité » par l’UNESCO du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais prend notamment en compte l’habitat comme un élément à part entière de l’héritage industriel de la région.

Les anciens bâtiments, datant pour la plupart du XIXe siècle, ont connu des modernisations successives afin de les adapter aux exigences de confort et aux modes de vie actuels : l’adjonction de toilettes, de salles d’eau ou de cuisines accole de petites pièces à la bâtisse originelle. Ces maisons et groupes de maisons constituent dans certaines communes une part importante du bâti. Elles étaient à l’origine réservées aux employés de la mine, qui y étaient logés par la compagnie pour laquelle ils travaillaient et qui organisait également le ramassage des ouvriers. Désormais, leur occupation n’est plus liée à l’activité minière arrêtée. Certains logements ont été acquis par des particuliers. D’autres appartiennent maintenant aux communes ou aux bailleurs sociaux, qui les entretiennent et les louent, comme c’est le cas de la Ville de Lens par exemple.

Toutefois, l’entretien et la réhabilitation de ces cités ouvrières est coûteux. Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elles font désormais l’objet de politiques de conservation et de patrimonialisation. Elles sont donc pleinement intégrées au tissu urbain et participent de l’identité et du patrimoine local. C’est de ce point de vue qu’elles constituent l’un des volets du classement au patrimoine de l’UNESCO. Outre l’image de marque que cette distinction apporte, cela devrait permettre aux communes de percevoir les fonds nécessaires à l’entretien des cités, ainsi que de faire de leur présence un atout en termes d’attractivité. Il s’agit en particulier d’éviter la destruction de ces traces industrielles au profit de lotissements plus modernes.