Neptune à l’épreuve du temps


Le centre commercial du Pôle Marine.
Crédits : Elodie Hennequin.

Un projet régi par la mixité fonctionnelle

L’idée que défend Rogers est non seulement d’encercler les bassins de la Citadelle pour insuffler une forme de continuité urbaine, mais de le faire dans le cadre d’une revitalisation par les commerces, les services et l’accessibilité. C’est donc par une forme de mixité fonctionnelle que Rogers envisage de recréer de la centralité au cœur de Dunkerque. En parallèle, un gros travail de réaménagement des quartiers centraux et des espaces publics est donc entrepris, avec notamment les différents ponts dans la citadelle et le réaménagement de la place Jean Bart, la statue de ce corsaire étant la seule restante de ce qui datait de l’époque de la Reconstruction.

Entre réussites et désillusions : Neptune, une opération partiellement noyée ?

Dans le cadre du projet Neptune, la ville met en place une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) des Bassins, autour du musée portuaire. Le projet urbain de ZAC est alors renforcé par l’opportunité universitaire : l’installation d’une antenne de l’université du Littoral sur le site dans le plan Université 2000 constitue une chance pour le redéveloppement de la zone. On espère ainsi l’arrivée d’un public captif d’étudiants, qui contribueraient à la revitalisation, en particulier commerciale.

L’un des axes forts du projet était de faire de Neptune un centre de la ville. Cela devait se réaliser notamment autour du pôle Marine, grande zone commerciale qui devait être tirée par trois locomotives commerciales, Go Sport, Virgin et La Grande Récré. L’idée est de recréer une atmosphère de quartier avec une offre de services de qualité, et c’est pourquoi les commerces jouxtent une brasserie et un cinéma multiplex. Les alvéoles vides viennent cependant dire les ratés d’un projet qui ne fonctionne finalement qu’assez moyennement. Sur les deux zones commerciales implantées dans le cadre de le périmètre Neptune, seule une semble apporter satisfaction, le pôle Marine montrant des signes de fragilité qui viennent nuancer les réussites de création d’un centre de la ville.

Cette réussite est d’autant plus nuancée que le projet devait comprendre toute une partie de développement tertiaire. Devant le peu de demande, les locaux ont surtout été occupés par des institutions publiques, et notamment par l’administration des cantines. On ne saurait souligner plus fortement les fragilités d’un projet qui voulait retrouver sa relation à son port, et qui peine à générer un centre tenant à la fois la ville et le port. Le projet Neptune est à ce point incomplet qu’il a été suivi de nouveaux projets pour l’amplifier ou le modifier, et notamment le projet Grand Large, nouvelle incarnation du développement de la ville par un « éco-quartier ».