Mutations des fonctions

2. Les mutations des fonctions portuaires, facteur de recomposition des territoires

La fonction commerciale historique du premier bassin du port de Marseille a aujourd’hui laissé la place aux anneaux de plaisance du Vieux-Port et au départ des excursions vers les Îles Frioul et le Château d’If. La darse est aussi traversée par le Ferry Boat, mis en service en 1880 et rendu célèbre par Marcel Pagnol. Insérée dans la ville et bordée de restaurants, elle est aujourd’hui essentiellement touristique. Une activité de transport de passagers subsiste dans le centre de Marseille, autour des bassins de la Joliette, d’où partent les ferries pour la Corse et le Maghreb.

Le glissement vers l’ouest de la fonction portuaire se traduit aussi par une spécialisation fonctionnelle des bassins. Les plus proches de la ville, correspondant au Port de Marseille avant la création de la Zone Industrialo-Portuaire (ZIP) en 1968, accueillent aujourd’hui essentiellement des marchandises. C’est là qu’accostent les navires de relativement faible gabarit, comme les Ro-Ro (Roll on – Roll off qui transportent des conteneurs déchargés et rechargés rapidement sur les camions) ou les Ro-Pax (qui peuvent également accueillir des passagers) à destination et en provenance d’autres ports méditerranéens. 
Néanmoins, l’essentiel en tonnage arrive désormais dans la ZIP de Fos-sur-Mer, modelant ainsi un espace industriel qui s’étend des portes de Marseille à l’entrée de la Camargue et occupe une partie du pourtour de l’Étang de Berre. Les principaux sites, d’est en ouest, sont spécialisés dans et ont des impacts différents sur leur environnement :

- Le terminal pétrochimique de Lavéra, à proximité de Port-de-Bouc, concentre l’essentiel des flux d’hydrocarbures. C’est le point de départ de l’Oléoduc sud-européen qui remonte la vallée du Rhône et rejoint le Rhin vers l’Allemagne. Ce site est marqué par la présence de réservoirs d’hydrocarbures et d’usines pétrochimiques, facteurs de risques importants en matière de pollution et d’accidents (la plupart sont classées Seveso 2) dans une région densément peuplée. Ce terminal pétrochimique est constitué de plusieurs sites, dont le plus occidental est Elengy, qui appartient à GDF.

- Le terminal minéralier, situé à l’extrémité de la darse Léon Bettous, accueille des vracs solides avec une capacité de stockage de plus d’1,3 millions de tonnes. Ce terminal est relativement peu étendu et accueille un très faible nombre d’industries.

- Le terminal à conteneurs situé le long de la Darse 2 est plus complexe. Il peut accueillir les plus gros navires transporteurs. Les portiques et les cavaliers qui servent à charger, décharger et ranger les boîtes sont équipés de systèmes de positionnement GPS qui permettent d’optimiser le temps à quai pour le navire et le stockage des conteneurs. L’accès à ce terminal est très contrôlé, et un nouveau scan pour les camions transportant des conteneurs à destination des États-Unis vient d’être mis en service. Ce terminal génère un très important trafic routier, l’essentiel de ses marchandises étant évacué par camion.

Enfin, les bassins de Port-Saint-Louis du Rhône, sont destinés aux activités industrielles, mais ils sont encore très largement sous-exploités. Un seul site est réellement occupé, par l’entreprise Deulep, qui produit des alcools. Elle est située à proximité du terminal céréalier.
L’observation de ces différents sites portuaires montre qu’ils sont très peu densément occupés. Le GPMM s’étend donc sur une surface et une longueur littorale très importante mais paraît sous dimensionné. Ceci s’explique en partie par le fait que la ZIP de 1968 avait été pensée dans un contexte de croissance économique et que son développement a été rapidement freiné par la crise des années 1970.

 

3. Les projets portuaires : Fos xXL