Le terril, pourquoi ? comment ?

S’il est un élément qui saisit l’œil du voyageur qui arrive dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, c’est bien le terril. Cette butte noire, une sorte de colline artificielle de déchets miniers, qui dans la région peut culminer jusqu’à 186 mètres ne passe pas inaperçue dans un pays de plaines. Par exemple, le terril de Sainte-Henriette, que l’on peut observer sur la photographie suivante, est qui plus est situé dans un lieu particulièrement exposé, entre les communes d’Hénin-Beaumont et Noyelles-Godault, au bord de l’autoroute A1 et de la voie du TGV Nord, de sorte qu’il est visible par la grande majorité des voyageurs se rendant dans le Nord-Pas-de-Calais, ou même ne faisant que le traverser pour se rendre au Benelux ou en Grande-Bretagne. L’exploitation minière a donc fait surgir l’élément le plus imposant, et peut-être l’un des plus symboliques aujourd’hui du paysage régional.

Les 330 terrils du Nord-Pas-de-Calais sont le résultat d’une intense activité minière : ils ont été produits par l’accumulation des déchets « stériles » extraits du sous-sol, pour l’essentiel du schiste, même s’il y reste un peu de houille. Les nombreux terrils de la région sont désormais considérés comme partie intégrante à la fois du paysage et du patrimoine du bassin minier. Ils ont ainsi été étudiés par la « Mission Bassin Minier », mise en place dans le cadre du contrat de plan Etat-Région 2000-2006, qui a ainsi pu en proposer un recensement détaillé, une cartographie et une typologie. Chaque terril se voit attribuer un numéro, de 1 à 260, certains étant considérés comme des terrils « satellites » et étant ainsi nommés 70A, 70B, etc. Ainsi peut-on trouver des terrils monumentaux, tels ceux de Loos-en-Gohelle, des « terrils-nature », ou des « terrils-signaux », tels le terril 87 de Sainte-Henriette, dont l’impact visuel peut se mesurer à plus de 15 kilomètres. Nous pourrons revenir ci-après sur les deux autres catégories, celles du « terril-loisir » ou du « terril-mémoire » qui, plus que de la description du paysage minier ou de la détermination d’un patrimoine, participent de la revalorisation et de la prise en charge de ce patrimoine.