Le rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel

Une opération partenariale d’intérêt national

Le projet du Mont Saint Michel est né d’un partenariat entre l’État et le Syndicat Mixte pour le rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel, maître d’ouvrage du projet.
Il a reçu, au niveau national, le concours de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

La Mission Mont Saint Michel, service de la Direction départementale de l’équipement de la Manche, a été chargée de conduire et de coordonner les opérations pour l’ensemble du projet.

Afin de protéger et de valoriser ce patrimoine unique de la baie du Mont-Saint-Michel, le Gouvernement français à décidé en mars 1995 d’accompagner le projet par une Opération Grand Site. L’OGS concerne toute la Baie, aussi bien dans sa partie bretonne que normande. Le projet, déclaré d’utilité publique en 2003, est également au cœur d’un programme d’actions convergentes pour la revitalisation de la baie.

Car il ne faut pas oublier que si le Mont-St-Michel est classé au patrimoine de l’Unesco, il l’est à un double titre : patrimoine culturel, le rocher, mais aussi naturel, la baie. Et l’ambition des concepteurs du projet semble justement être celle c’est de maintenir ce lien entre le rocher et la baie.

Le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel fait donc partie des grands chantiers nationaux en cours. Le projet, qui doit s’achever en 2014, est ambitieux et témoigne d’une volonté forte de l’État à réaménager ce lieu dans un souci de développement durable du territoire préservant ainsi l’identité et la qualité du site. En effet, le but de l’État semble être de faire de la restauration du caractère maritime du Mont Saint-Michel un projet de référence pour le pays.

C’est dans cette perspective que depuis 1995, date de l’engagement de l’État et du Syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel et du lancement des premiers travaux en 2005, le rétablissement du caractère maritime du Mont s’est affirmé comme l’une des opérations de restauration de site les plus originales et remarquables d’Europe. L’Union Européenne, qui contribue à son financement, a souligné sa dimension de véritable projet de développement durable au service d’un territoire.

Une opération nationale qui reçoit une importance communautaire.

En effet, depuis l’élaboration du projet de financement, cette opération d’intérêt national est devenue une question de portée internationale. De par son financement, le projet a requis sur un plan politique la concertation et la consultation exhaustive tous les partenaires publics et privés concernés.

Un premier accord officiel de subvention a été trouvé le 4 septembre 2007 quand la Commission européenne a confirmé son accord pour un premier dossier de subvention FEDER à hauteur de 13 millions d’euros. Il participe au financement d’investissements en infrastructures pour le désensablement du Mont Saint-Michel. Par exemple, sur la période 2000-2006, le soutien a porté principalement sur les investissements hydrauliques, notamment la réalisation du barrage sur le Couesnon. Toutefois, la réalisation de ce grand projet se poursuivra jusqu’en 2012, pour certains travaux hydrauliques et la réalisation du pont passerelle qui se substituera à l’actuelle digue.

Ces travaux, dont le coût a été évalué à 40 millions d’euros, ont fait l’objet d’une nouvelle demande de subvention du FEDER. L’Union Européenne a a confirmé son accord pour un complément de subvention de 8,5 millions d’euros, couvrant la période 2007-2015. Cette nouvelle enveloppe financière participera essentiellement aux travaux consacrés à l’environnement et au développement durable.

Ainsi, malgré la diminution des fonds structurels qui affecte plusieurs pays dont la France pour la période de programmation 2007-2013, ceux-ci demeurent une source importante de co-financement pour les politiques régionales.

Un rôle accru de la région

À ce titre, la région Basse-Normandie semble vouloir jouer pleinement son rôle au sein des territoires de l’Union européenne. La Région a d’ailleurs coordonné une contribution de la Basse-Normandie au Livre vert de l’Union européenne « Vers une politique maritime de l’Union : une vision européenne des océans et des mers » publié en juin 2006.

Témoignant de cet engagement, une représentation de la région Basse-Normandie a été ouverte à Bruxelles en octobre 2006. Interface entre les institutions européennes et la Région, la représentation bas-normande contribue également à renforcer les liens de la Basse-Normandie avec d’autres régions européennes présentes à Bruxelles, et à nouer des partenariats dans l’optique de l’élaboration de projets futurs.

La représentation de la Basse-Normandie a surtout une mission de promotion de l’image de la région. C’est dans ce cadre qu’a été organisée en novembre 2006 la présentation à la Commission européenne du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint- Michel, co-financé par le FEDER.

Bilan

De par son montage institutionnel combinant une collaboration à différents niveaux, cette opération d’intérêt national, mais à portée européenne montre que le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel doit faire l’objet de consensus entre les acteurs en dépit de tout conflit de représentations qui peuvent apparaître parfois entre les usagers de cet espaces et ceux qui essaient de gérer pour le long terme un patrimoine régional d’intérêt européen. Bien des acteurs ont contribué à un tel chantier, qu’ils soient locaux ou non, afin de sauvegarder le site à des fins touristiques et environnementales.

D’importants travaux ont été réalisés dans la baie du Mont Saint-Michel afin de lui rétablir son « caractère maritime ». Fernand Verger s’interroge pourtant sur le caractère artificiel d’une telle opération, notamment à propos du nouveau barrage : le « caractère maritime » ne rétablira jamais un fonctionnement strictement naturel de la Baie. De plus, ce projet ne s’inscrit pas dans le mouvement actuel de dépoldérisation que l’on constate dans d’autres pays européens (Pays-Bas, Allemagne, mais également désormais en France au niveau du Bassin d’Arcachon) : on ne recrée pas un milieu humide saumâtre mais il s’agit seulement de faire entrer des eaux salées dans le Couesnon.