Le Grand Dijon, au centre des dynamiques régionales, nationales, voire européennes ?

Le projet de développement de l’offre aérienne dijonnaise est plus mineur, même s’il concerne des liaisons avec Bordeaux, Nantes ou Toulouse, auxquels les décideurs économiques et politiques sont attachés. L’agglomération espère 250 000 passagers an en 2013.

Mais plus largement, le Grand Dijon affirme sa volonté de positionnement à l’échelle nationale. La communauté d’agglomération mise aussi sur le développement du ferroviaire pour renforcer l’influence de la ville en direction de l’Est français.

En effet, pour valoriser l’intermodalité,

l’agglomération prévoit le développement du réseau TER (fréquence, réouverture de gares), bien que Dijon se situe au cœur d’un réseau en étoile assez performant. Cependant, ces projets ont des coûts très lourds, et paraissent peu rentables.

Photographie ci-contre : parvis de la gare Foch de Dijon-Ville - Lucile Biarrotte, 2011

À plus petite échelle, l’agglomération veut renouer avec son rôle de carrefour régional et national (autoroute de Bourgogne/Lorraine, notamment). Elle encourage activement le projet de ligne à grande vitesse Rhin-Rhône à trois branches, qui placerait Dijon au centre d’un réseau d’envergure nationale voire européenne. La capitale bourguignonne a été ainsi reliée à grande vitesse à Besançon, Belfort–Montbéliard et, en deux fois moins de temps, à Mulhouse, fin 2011. Les deux autres branches doivent permettre de réduire les temps de parcours de Dijon à Lyon, Paris et Strasbourg, bien que leur réalisation soit repoussée à de lointains horizons.

Assurément, le projet est porteur d’inégalités pour certaines municipalités. Il est cependant tout à fait favorable au Grand Dijon et à l’image de capitale moderne, dynamique, et surtout métropolitaine, que l’agglomération cherche à diffuser. Il semblerait d’ailleurs que l’agglomération se prépare efficacement à l’arrivée de ces projets d’ampleur. En pratique, quelles sont les politiques d’aménagement et de développent qui accompagnent ces projets ?

Plus largement, si le volet « aménagement » est soigné, il convient de se demander si l’agglomération ne tombe pas dans l’illusion du mythe d’un lien monocausal en automatique entre développement régional et infrastructures de transport. En effet, la gare a fait l’objet d’un soin particulier, et s’affirme comme une future plateforme multimodale, mais les transformations de ce système de transport doivent être articulées à une stratégie de développement de l’activité et de l’emploi dans la région.