Le CHM : le fond

Une fois cette première visite en surface effectuée et après avoir fait revêtir un casque de chantier à chaque visiteur et lui avoir traversé le carreau, la conférencière laisse le groupe en compagnie d’un ancien mineur.

Celui-ci est chargé de conduire la visite du « fond », c’est-à-dire ici, d’une galerie creusée pour les besoins de la cause. Quoiqu’elle soit à seulement 8m de profondeur, creusée dans la terre, large et soutenue par une solide armature, une mise en scène (dont le port du casque fait sans doute partie) cherche à maintenir l’illusion de la descente dans une vraie galerie de mine. L’ascenseur met un temps infini à parcourir les quelques mètres, pendant qu’un rideau déroulant donne l’illusion d’une descente vertigineuse. Au fond, certaines parois des galeries sont enduites d’une peinture noire légèrement brillante imitant le charbon et le faible éclairage participe de l’ambiance. Cependant, aucune poussière, aucune odeur et aucun bruit hors des courts moments où l’ancien mineur déclenche une machine qui emplit les galeries. Il est vrai que ces quelques instants donnent une idée très précise de l’ambiance : le bruit est difficilement supportable alors même que notre guide rappelle que toutes les machines ne sont pas en action. Par ailleurs, la chaleur qui règne au fond de la mine n’est pas du tout reproduite : elle serait là encore insupportable pour les touristes. De fait, c’est une impression saisissante mais néanmoins très éloignée de la réalité du fond qui nous est donnée.

Des corridors plus étroits mettent en scène le travail des mineurs, figurés par des mannequins, aux différentes époques de l’exploitation. Cette mise en scène vise à donner la mesure d’un boyau de mine, tout en laissant le spectateur dans une situation confortable et sûre.

Ce parcours se termine par l’évocation des grandes catastrophes minières et par la présentation des dispositifs imaginés pour prévenir les « coups de grisou ». Le film diffusé alors est une animation informatique du parcours de la boule de feu dans les galeries lors de la catastrophe de Courrières en 1906.

À la fin de la visite, l’illusion de profondeur n’est pas restituée, puis qu’une légère pente a au fur et à mesure conduit à la surface.

À la sortie, alors que l’on s’attend à un moment de discussion, à une place plus grande laissée au témoignage du mineur, celui-ci nous indique le restaurant où un « repas du mineur » est servi, dont le plat principal est un potjevleesch (sorte de terrine de viande), servi sur des frites. Avant de partir, la traversée du bâtiment principal conduit à la boutique, où ne figure quasiment aucun ouvrage historique ou photographique sur la mine mais plutôt une série d’objets-souvenirs, assez stéréotypés (assiettes, statuettes, porte-clés, boîtes de biscuits, boules où le charbon remplace la neige, etc.), de plus ou moins bon goût, qui représentent des scènes du travail de la mine.