La lente affirmation des mobilités douces

Dans le contexte de développement de la métropole lilloise, les mobilités douces font l’objet d’une attention accrue de la part des instances de l’aire métropolitaine. Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique durable de déplacements, répondant notamment aux attentes d’amélioration du cadre de vie des habitants.

Dès la mise en place du premier Plan de Déplacement Urbain (PDU) de Lille Métropole, en 2000, un des objectifs était de réduire l’usage de l’automobile au profit, entre autres, du vélo ; cette orientation a été réaffirmée par le projet de PDU de 2010, notamment à travers son axe « Partage de la rue et modes alternatifs ».
En outre, un partenariat avec l’Association Droit au Vélo (ADAV) a été mis en place dès 2002 afin que les représentants des cyclistes soient consultés pour chaque projet de voirie. En 2008, la Région Nord-Pas-de-Calais et la direction régionale de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) ont chargé cette association d’animer un Pôle Info-Déplacements destiné à renseigner les usagers sur les alternatives possibles à l’utilisation de la voiture individuelle.

Certains aménagements ont également été créés pour faciliter l’usage du vélo : six Vélopoles gérés par Transpole, la société d’exploitation du réseau de transports en commun de la métropole, proposent un service de stationnement et de location. Les vélos sont également autorisés à bord du tramway circulant entre Lille, Roubaix et Tourcoing, ainsi que dans les TER de la Région Nord-Pas-de-Calais. L’amélioration de l’intermodalité au sein de la métropole prend donc en compte les mobilités douces. Les acteurs publics tentent également d’adapter les voies de circulation : selon le contexte, des pistes, bandes ou des double-sens cyclables sont mis en place.

[Légende : Un garage à vélo à proximité immédiate de la gare Lille-Flandres. L’implantation de garages à vélos en différents lieux de la métropole lilloise vise à inciter les usagers à accroître leur utilisation du vélo pour leurs déplacements quotidiens, en facilitant le stationnement tout en améliorant les connexions avec les autres modes de transport : le garage représenté ici se trouve par exemple à proximité immédiate de la gare de Lille-Flandres, permettant ainsi une intermodalité entre vélo et rail. Photographie réalisée par Adrien Baÿsse.]

Le réseau cyclable totalise actuellement 450 km sur le territoire de la communauté urbaine. Celle-ci a édité une carte des itinéraires cyclables disponible gratuitement et confortant une politique d’information déjà initiée par les actions de l’Association Droit au Vélo.

Cependant, ces équipements sont encore appelés à s’améliorer : on peut notamment regretter l’absence d’un véritable système de vélos en libre-service sur le modèle de ceux qui se développent actuellement dans de nombreuses villes françaises. Pour l’instant, les six Vélopoles lillois ne peuvent pas rivaliser avec des systèmes tels que celui des Vélov’ ou celui des Vélib’. On remarque d’ailleurs que, selon une enquête du Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) (1), la part du vélo dans les déplacements a progressé de 39% à Lille entre 1998 et 2006, mais a reculé de 21% dans l’ensemble de la communauté urbaine. Ce chiffre masque des évolutions très contrastées selon les communes, en partie imputables à l’inégale accessibilité des équipements sur le territoire de la communauté urbaine. Malgré une évolution des politiques de déplacements vers une durabilité accrue, la place des mobilités douces dans la métropole lilloise reste donc encore mineure. Même à Lille, le vélo représentait 2% des déplacements en 2006.

(1) http://www.cudl-lille.fr/gallery_files/site/124009/125128.txt, consulté le 3 janvier 2011.