L’histoire

L’histoire maritime de la ville de Jean Bart est initialement liée à la pêche, puis, à partir de la fin du Moyen-Âge, à la course. Le site portuaire de Dunkerque à l’origine du port actuel a été aménagé à partir de 1848. Le port est alors urbain. C’est un port de commerce dont l’hinterland couvre une bande de territoire d’une centaine de kilomètres de profondeur, le long de la frontière belge. Cette partie orientale du port contemporain est issue du creusement d’une série de darses reliées à la mer par des chenaux et des écluses dont la profondeur et la largeur a suivi l’évolution des gabarits jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Après la destruction de la ville sous les bombardements, la reconstruction du port a duré 7 ans, jusqu’en 1952.

L’organisation actuelle du port, juridique, économique et spatiale, est issue du projet de ZIP. Dans les années 1960, le port est appelé à être l’instrument d’un pôle de développement industriel basé sur les industries lourdes. La première usine de sidérurgie sur l’eau ouvre en 1962, le port accède au statut de Port autonome en 1966 et le port Ouest ouvre moins de neuf ans plus tard. Dès lors, l’essentiel des activités portuaires quitte la ville et se déploie entre Dunkerque et Gravelines. Le PAD est propriétaire de 7 000 ha de terrains à mettre en valeur par un développement industriel ou logistique et dispose d’infrastructures de transports dédiées. Les communes situées à l’Ouest de Dunkerque connaissent alors une rapide croissance pour accueillir les ouvriers des nouvelles usines : au cours des années 60 et 70, la population de Grande-Synthe passe de 1 300 à 25 000 habitants.

Ce développement industriel s’est heurté à la crise pétrolière qui freine son développement. Néanmoins le modèle d’industrie industrialisante qui a présidé au développement du port a pu trouver une certaine réussite. Ainsi, au début des années 1990 le fabricant d’aluminium Péchiney s’établit sur le port alors que Coca-Cola, grand consommateur d’aluminium pour ses cannettes, établit à Dunkerque son principal site de production pour la France et la Belgique. En revanche, le PAD n’est pas parvenu à s’insérer dans le paysage des grands ports de la Northern Range qui se partagent le trafic de commerce vers l’Europe du Nord, notamment grâce à des terminaux multimodaux pour le trafic des conteneurs. Plus encore que les autres grands ports français, Dunkerque est en effet resté en marge de la conteneurisation. Son trafic se limite à quelques dizaines de milliers d’EVP dans les années 1990 et au début des années 2000 quand Rotterdam, Hambourg et Anvers traitent chacun entre 3 et 6 millions d’EVP en 2000.

En 2008, le PAD a traité près de 58 millions de tonnes de marchandises. Le trafic minéralier et charbonnier représente encore environ 40% de l’activité (en poids), les vracs liquides (notamment les hydrocarbures) un quart, comme les marchandises diverses (en conteneur ou en trafic roulier), les vracs solides divers moins de 10% (céréales, etc…).