L’histoire du mont Ventoux

La naissance du Mont Ventoux

Ere secondaire – Jurassique
155 millions d’années (Ma) avant Jésus-Christ, il n’y avait pas de mont Ventoux. Le lieu de son emplacement futur est situé dans un bassin sédimentaire.
À partir de -155 Ma, ce bassin profond se modifie pour ressembler davantage à une bordure de bassin.

Ere secondaire – Crétacé
Un abrupt morphologique se forme peu à peu sur l’axe Ventoux-Lure.
A partir de -95 Ma, une sédimentation littorale a lieu. Certaines terres émergent. La formation des Pyrénées entraîne une compression nord-sud, responsable de la formation d’un relief à l’emplacement du Ventoux.

Ere tertiaire – Eocène, Oligocène
La compression est remplacée par une extension. De grands bassins et de petits fossés d’effondrement se forment. Le massif du mont Ventoux se distingue morphologiquement de ses alentours. De plus, une mer envahit alors la Provence, le mont est alors une île.

Ere tertiaire – Miocène, Pliocène
De -10 à -2 Ma, la collision alpine entraîne des déformations qui accentuent les évolutions antérieures. Le Ventoux est alors le mont le plus élevé de Provence.


Le mont Ventoux aujourd’hui


 Au Quaternaire, la déformation alpine se poursuit, les accidents qui bordent le Ventoux lui sont dus. Ils sont toujours actifs, comme le montrent les occurrences de séisme. Cependant la vitesse moyenne de déplacement reste inférieure à 1 millimètre par an. La déformation est très lente, mais le relief du mont est toujours en évolution.

A la rencontre de deux accidents majeurs, la faille de Nîmes et les chevauchements Ventoux-Lure, auxquels il doit sans doute sa position culminante, le mont Ventoux a une altitude de 1 912 mètres. Cependant ce chiffre varie au cours du temps, en raison des mouvements verticaux d’origine tectonique et de l’érosion due aux vents et aux précipitations.

Le massif est marqué par une forte dissymétrie nord-sud. Le sommet se situe au centre de la crête, étroite, longue de 25 kilomètres, sinueuse, mais orientée globalement est-ouest. Vers le nord, l’escarpement est marqué par des pentes supérieures très raides. Le tronçon le plus abrupt de ce versant est entaillé de nombreux ravins. Vers le sud, le relief se prolonge perpendiculairement à la crête principale jusqu’aux monts de Vaucluse. La pente des deux versants qu’il présente, orientés à l’est et à l’ouest, est moins forte qu’au nord.
 

 Les demoiselles coiffées. Photo C. Le Pape

 

En héritage : une structure géologique très variée

Le mont Ventoux se trouve à l’extrémité nord-ouest d’une unité géologique appelée Panneau de couverture nord provençal. Ce panneau date du Crétacé, il s’agit d’une dalle sédimentaire, rigide, d’une épaisseur d’environ 400 mètres, et composée de calcaires urgoniens. Lors du Crétacé inférieur, les animaux et algues qui se trouvaient dans la mer tropicale qui recouvrait la Provence ont sédimenté et formé un récif calcaire. Lorsque la mer s’est retirée, le calcaire s’est retrouvé dans les massifs montagneux, il affleure aujourd’hui à l’air libre. Il est caractérisé par sa teinte très claire, souvent blanche, et sa grande solidité.

Le mont doit aussi au Quaternaire une de ses spécificités. Cette ère est marquée par l’alternance de périodes froides glaciaires et de périodes chaudes. En période glaciaire, le calcaire subit les effets de la gélifraction. Sous l’action répétée du gel et du dégel, des éboulis d’altitude se sont formés sur le sommet (celui-ci est un véritable pierrier) et les hautes pentes, notamment dans les ravins du versant nord. Ce sont des reliefs périglaciaires. Sur les basses pentes, on trouve des éboulis de gravité. Certains se sont stabilisés et ont été colonisés par la végétation, d’autres sont encore actifs.

A proximité du mont, des carrières d’ocres sont le résultat de la rubéfaction des calcaires sous le climat tropical qui était celui de la Provence lors du Crétacé supérieur. La carrière des Demoiselles coiffées, sculptures d’ocre élaborées sur la carrière, en est exemplaire, et souligne, par sa couleur rouge qui contraste avec la blancheur du calcaire, la richesse et la diversité qu’offrent les paysages du mont Ventoux.
 

 

B. Un massif façonné par l’eau