L’exemple du tramway : une affirmation de la centralité dijonnaise ?

Le processus décisionnel : ville, communauté d’agglomération et autres acteurs

Dijon a décidé de lancer directement la construction de deux lignes de tramway, contrairement à la majorité des autres grandes villes françaises. Ce choix est justifié par le constat d’un certain retard dans la mise en place du réseau, un coût moindre avec l’usage des technologies et méthodes déjà éprouvées ailleurs.

Dans le cadre de la coopération décentralisée, les responsables du Grand Dijon ont rencontré leurs homologues de Clermont-Ferrand, de Nantes ou encore de Lille afin d’améliorer la réalisation du projet. De fait, il n’y a pas eu de conflits avec les archéologues, ni de recours juridiques de la part des familles relogées ou de commerçants s’estimant lésés par les difficultés de circulation automobile.

La mutualisation des services de transports entre la ville et l’agglomération facilite les décisions, dans le cadre d’un fonctionnement intermédiaire entre celui d’une communauté d’agglomération, très décentralisée, et une intercommunalité très intégrée comme celle de la communauté urbaine où l’essentiel du pouvoir est entre les mains de la ville-centre. Les deux lignes, nord-sud et est-ouest, se croisent à proximité de l’hypercentre de Dijon, à la gare et place de la République, ce qui étend le centre de Dijon et polarise de façon visible les communes de Quetigny et Chenôve.

L’importance de l’information des usagers donne à l’ensemble du projet une grande visibilité et une certaine légitimité démocratique,. La procédure obligatoire de concertation a été réalisée, bien que classiquement biaisée par l’origine sociale des participants et la limitation à un rôle strictement consultatif des acteurs particuliers associés au projet.

On peut noter le grand nombre de dépliants d’information, mais aussi la présence d’un lieu consacré à la présentation du projet, la « maison du tram », ou les réunions de quartiers pour les habitants, entreprises ou commerçants : le Grand Dijon a organisé des réunions à chaque étape, des « ateliers du tram », où sont présents les responsables d’associations, d’institutions (collèges ou hôpitaux par exemple) et les volontaires des conseils de quartier.

Photographie ci-contre : présentoir de fascicules sur les travaux du tram au siège du Grand Dijon, Lucile Biarrotte 2011

La desserte : favoriser et rendre les établissements publics et les grands axes structurants plus visibles

La rue de la Liberté, au cœur de l’hypercentre dijonnais, jusque-là centre névralgique du système de bus, sera piétonnisée.

Cette piétonnisation et la réduction de l’ordre de 20% du trafic automobile sur certains axes du traway conduira à une transformation probable des commerces en bord de tram, bien que difficile à estimer ; elle renforcera très certainement l’attractivité de l’hyper-centre, avec notamment la densification des petits commerces alimentaires, touristiques ou des boutiques de luxe. 

Par ailleurs, lles lignes favorisent très clairement la desserte des grands équipements publics implantés à Dijon : hôpital, université, gare, mairie, parc des sports, piscine olympique, auditorium...