Introduction

Les berges de la seine et de la Marne à Alfortville : de la désaffection à une gentrification ?

 
 

Située à la confluence de la Seine et de la Marne, la commune d’Alfortville dispose d’une situation géographique remarquable qui pourrait supposer un lien étroit au fleuve et une mise en valeur des berges de la Seine et de la Marne. Paradoxalement elle ne semble toutefois pas avoir tiré profit de cette ressource situationnelle. Bien au contraire, le site de la confluence est occupé, voire « confisqué », par le complexe privé de Chinagora aujourd’hui déserté et presque entièrement fermé. Loin d’incarner le flamboyant symbole de l’amitié franco-chinoise et du rayonnement culturel chinois, sa faillite lui donne un air de palais à l’abandon. Quant aux berges alfortvillaises, elles tiennent davantage de la friche que d’un espace valorisé socialement ou culturellement. Cependant, des dynamiques de remise en valeur des berges se sont amorcées récemment (à partir de la fin des années 1990), accompagnées de discours visant à renouer le lien de la ville avec le fleuve. Ce changement de conception du rapport à la Seine se traduit dans les différents projets d’aménagements des berges (en partie réalisés pour certains) et conduit à une recomposition socio-spatiale des berges, soulevant ainsi la question de leur gentrification.

On s’intéressera dans cette étude aux berges entendues au sens large, c’est-à-dire aux abords immédiats de la Seine (et de la Marne) en contrebas de la route, jusqu’au front de Seine matérialisé, au-delà de la route départementale, par les premières constructions. Il s’agira dans un premier temps de décrire et d’expliquer les spécificités de la désaffection des berges alfortvillaises avant d’examiner, dans un second temps, les initiatives plurielles, contraintes et incertaines de remise en valeur des berges. Enfin, on s’attardera sur le changement de discours concernant le lien à la Seine en relation avec une tendance possible à la gentrification des berges de la Seine et de la Marne.

 

 

Bibliographie :
 
Lauren Andres et Stephane Sadoux, 2005, Reconstruire la ville sur la ville : densités et centralités en France et en Grande-Bretagne, Colloque de l’Université de Lausanne.
Lauren Andres, « Temps de veille de la friche urbaine et diversité des processus d’appropriation : la Belle de Mai(Marseille) et le Flon (Lausanne) » in Géocarrefour, n°81/2.
Jean-Pierre Demouveaux, 1999, « Les berges d’Argenteuil entre deux statuts » in Etudes foncières (revue de l’ADEF), n°82.
EPA-ORSA, 2009, Projet stratégique directeur de l’OIN Orly-Rungis-Seine Amont
Magali Reghezza, 2009, « Géographes et gestionnaires face à la vulnérabilité métropolitaine. Quelques réflexions autour du cas francilien » in Annales de Géographie, n°669.
Mairie d’Alfortville, 2009, PLU.
 
 
Sites internet :
 
Site de l’association Alfortville Confluence : http://alfortvilleconf.canalblog.com
Site du Conseil Général du Val de Marne sur l’Atelier berges : http://www.cg94.fr/dossier/10961-l-atelier-berges.html