Le système d’acteurs dense et diversifié des berges de la Seine.

Les grandes lignes du système d’acteurs relatifs aux berges de la Seine dans les Hauts-de-Seine peuvent être appréhendées par une double classification. Les acteurs se divisent d’abord en deux groupes selon la nature de l’action qu’ils effectuent sur les berges : les usagers et les aménageurs/gestionnaires. Ensuite, selon leur rapport à la valorisation de la ressource berge, on peut distinguer ceux pour qui cette action découle d’une compétence reconnue, et ceux qui n’ont pas de compétence officielle ou étendent leur domaine de compétence à la valorisation de l’environnement. On a alors la répartition suivante :

[Document 1 : Les acteurs des berges de la Seine dans les Hauts-de-Seine]

Les berges de la Seine sont un espace géré et aménagé, notamment par des acteurs qui ont parmi leurs compétences la valorisation de la ressource fluviale. Voies navigables de France (VNF), établissement public à caractère industriel et commercial dépendant du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, gère, exploite, modernise et développe le réseau navigable français. Il a notamment pour mission de veiller à la sécurisation des flux et à la protection des milieux. Pour ce faire, VNF est constitué de subdivisions locales, dont le Service navigable de la Seine. En son sein, un Service du Développement et des Affaires Domaniales gère la liste d’attribution des places de bateaux-logements. Par ailleurs, même si initialement le conseil général n’a pas dans ses prérogatives la valorisation de la Seine, cette collectivité s’est emparée de ce domaine de compétence lors de la réalisation du Schéma. Un ‘’service Seine’’ en coordonne la mise en œuvre.

La compétence de valorisation des berges n’est pas l’apanage exclusif des collectivités et services de l’Etat, les usagers jouent un rôle dans ce domaine. On retrouve en premier lieu l’AAPPMA 92 et 75Ouest, qui est l’association des quelques milliers de pêcheurs des Hauts-de-Seine et du bois de Boulogne. La pêche en France est organisée en associations locales, les AAPPMA (Associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques), qui ont un statut spécifique par rapport à celui des autres usagers des berges. Sur la cotisation dont chaque adhérent s’acquitte, une partie sert à payer la redevance due à l’Etat pour l’utilisation du domaine public et le reste finance des actions concernant la pêche et, en partie non négligeable, la protection des milieux aquatiques. D’autres associations d’usagers partagent la compétence de valorisation de la ressource environnementale, qu’elles se sont donnée comme objectif. Ce sont les nombreuses associations de protection de l’environnement. Parmi elles, Val de Seine Vert (VDSV) est particulièrement actif face à certains aspects (concernant la départementale 7) du projet d’aménagement urbain « Vallée Rive Gauche », orchestré par le conseil général sur la rive convexe du premier méandre de la Seine.

L’aménagement des berges n’est cependant pas du ressort explicite d’une majeure partie des usagers, même si certaines de leurs actions y conduisent. Ainsi les rameurs (pratiquants d’avirons) répartis entre quatre associations, dont la SNBS de Courbevoie, sont surtout présents pour le loisir. De même pour les usagers individuels que sont tous les promeneurs, cyclistes, joggeurs, plaisanciers ou pêcheurs. On peut citer enfin les seuls véritables résidents des berges, les habitants des bateaux-logements (des péniches viabilisées pour l’habitat). Amarrés par petits groupes souvent constitués en associations locales, certains des occupants de bateaux-logements forment à l’échelon national l’Association de Défense de l’Habitat Fluvial (ADHF), qui lutte pour une meilleure reconnaissance de ce type d’habitat.