Grande vitesse ferroviaire et développement

Les acteurs publics de Lille ont pour ambition d’en faire un pôle majeur entre le bassin londonien, la Belgique et Paris. Leur volonté est de développer l’accessibilité de la métropole lilloise en améliorant sa centralité dans les réseaux de transport, aux échelles nationale et internationale. Ce projet constitue l’un des axes majeurs de la stratégie de réorientation économique de la ville et revêt deux aspects principaux :

-  à l’échelle nationale, l’affirmation de Lille par rapport à Paris

-  à l’échelle nord-européenne, un renforcement du poids de Lille dans les liaisons ferroviaires internationales (Eurostar, TGV Nord-Européen)

La grande vitesse ferroviaire a mis Lille à une heure de Paris, avec la mise en service de la LGV Nord et de la gare Lille-Europe en 1994. Son arrivée a été accompagnée par un projet de grande ampleur. Aspirant à renforcer l’attractivité de la métropole lilloise autour d’un quartier construit ex nihilo, le projet Euralille s’est développé autour d’une nouvelle gare dédiée aux TGV : Lille-Europe. Ce quartier regroupe notamment des bureaux et des espaces commerciaux. Il illustre la volonté de faire de Lille un pôle à la fois bien connecté à la capitale et doté d’emplois métropolitains supérieurs. Le projet prévoyait l’implantation de nombreuses entreprises étrangères, mais ce sont davantage des investisseurs nationaux qui ont été intéressés par le quartier, et dans une bien moindre mesure qu’escompté. Le développement économique et du rayonnement induits par l’accessibilité renforcée par le TGV, bien que non négligeable, a été relativisé.


 

[Légende : l’intérieur de la gare de Lille-Europe.

La nouvelle gare de Lille-Europe (inaugurée en 1994) joue un rôle majeur dans la recherche de reconnaissance internationale de la métropole, en accueillant les liaisons TGV entre Paris, Londres et la Belgique ; elle se situe d’ailleurs au cœur du quartier d’affaires d’Euralille, symbole de cette volonté de faire de Lille un pôle tertiaire à l’échelle nord-européenne. Photographie réalisée par Éloïse Libourel.]

Le renforcement du poids de Lille dans les liaisons ferroviaires internationales nord-européennes se heurte également à certaines limites. Certes, Lille a obtenu la révision du tracé des lignes de TGV reliant Paris, Londres et Bruxelles, afin qu’il passe par la métropole lilloise, mais les trains s’arrêtent moins à Lille-Europe que prévu. Bruxelles est de plus en plus au centre du dispositif ferroviaire nord-européen, notamment avec l’achèvement récent du réseau à grande vitesse en direction d’Amsterdam et de Cologne. Lille est donc bien un point de passage, mais le statut de pôle attractif capable de retenir les flux est incertain.

Au vu de ces résultats mitigés, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle nord-européenne, on constate que l’accessibilité offerte par la grande vitesse ferroviaire n’induit pas automatiquement le renforcement souhaité de l’attractivité de la métropole, et donc son développement.