Glaciers et glaciations des Vosges

Le massif vosgien n’a été englacé que dans le dernier tiers de l’ère Quaternaire. Ces glaciations étaient alors d’amplitude modeste si on les compare aux autres glaciations quaternaires d’échelle continentale, comme celle des inlandsis scandinave et nord-américain. Néanmoins, l’emprise des glaces fut suffisante pour marquer profondément les paysages vosgiens.

Pendant le seul Quaternaire, la Terre a connu au moins 21 cycles glaciaires sous l’influence des modifications astronomiques de l’orbite terrestre. Il ne persiste cependant aujourd’hui de traces que des plus récents. On trouve dans les Vosges les marques de plusieurs de ces glaciations : une ou deux glaciations anciennes qui furent les plus étendues de toutes, l’avant dernière (appelée Riss par analogie avec la glaciation alpine) d’une ampleur plus réduite, et enfin la dernière glaciation (Würm dans les Alpes) dont les glaciers occupant la plupart des vallées ont laissé des traces bien conservées.

Néanmoins, la distinction dans les Alpes de huit glaciations différentes peut laisser penser que d’autres glaciations pourraient être identifiées dans les Vosges dans le futur.

Comme dans le cas des Alpes, la succession des glaciations vosgiennes semble se caractériser par une ampleur décroissante, alors que les données globales ne montrent pas cette tendance. Une explication pourrait alors être l’érosion du massif au fur et à mesure des cycles glaciaires.

Ceci résulterait en un abaissement de l’altitude moyenne ainsi qu’un approfondissement des vallées, rendant le massif moins propice au développement d’une calotte de glace importante. Ainsi les glaciations plus anciennes pouvaient recouvrir l’ensemble des sommets de la zone d’englacement. Une calotte vaste et massive d’environ 30km de diamètre devait alors recouvrir les Vosges moyennes. La calotte du Riss ne dépassait pas en revanche les principaux sommets et ne devait déborder des vallées que par quelques cols. De même les glaciers de Würm ne pouvaient mesurer que quelques kilomètres, et étaient très probablement cantonnées au fond des vallées.