Environnement et port

1. Entre pollution et espaces protégés

Le développement du port, l’accroissement du tonnage ainsi que l’extension large de la ZIP de Fos-sur-Mer ne vont pas sans soulever des préoccupations environnementales majeures. De nombreux facteurs mettent en question, sinon en péril, l’équilibre environnemental du GPMM et des zones environnantes. Outre la pollution directement générée par le trafic maritime, l’implantation massive d’industries classées SEVESO, d’un incinérateur de déchets dans le périmètre de la ZIP et la présence importante d’hydrocarbures révèlent l’existence d’un risque majeur pour l’environnement, déjà fortement marqué par la pollution quotidienne de l’air et de l’eau. De plus, le transit des marchandises se fait très majoritairement par la route (le chemin de fer représentant 13% du total, et le transport fluvial 6%, d’après les statistiques du GPMM1 lui-même pour l’année 2006), ce qui représente un surcroît de pollution atmosphérique important ; l’utilisation massive du transport routier présentant également un risque environnemental en cas d’accident lors d’un transport de matières dangereuses, qui n’est pas à exclure du fait de la saturation des axes desservant la ZIP de Fos-sur-Mer (D268, N568, N544).
Cependant, les priorités environnementales du GPMM semblent se situer ailleurs. Ainsi, l’essentiel de la politique environnementale mise en œuvre sur le site portuaire concerne les économies d’eau, le tri sélectif et l’installation de panneaux photovoltaïques2 : l’idée que le port pourrait être autonome en énergie électrique par ce moyen est avancée par les représentants de l’autorité portuaire. On ne trouve en revanche que peu ou pas de communication sur la question du risque industriel, et, outre ce qui précède, l’accent est mis sur la cohabitation avec les espaces naturels intégrés à la ZIP.
Le GPMM se trouve en effet dans une situation tout à fait particulière. La ZIP est la voisine immédiate du Parc Naturel Régional de Camargue, dont elle n’est séparée que par un bras du Rhône. Certaines installations industrialo-portuaires sont d’ailleurs visibles depuis l’extrémité sud-est du PNR, alors même que celle-ci est un espace de nidification majeur pour plusieurs espèces d’oiseaux. Il est alors particulièrement délicat de mesurer véritablement l’impact de l’extension de la ZIP de Fos-sur-Mer sur cet espace protégé.
L’essentiel des efforts menés par le port de Marseille en direction des espaces protégés semble en effet se consacrer aux espaces inclus dans la ZIP de Fos, à travers l’élaboration d’un Plan de Gestion des Espaces Naturels (PGEN) portant sur 3 000 ha de terrain, répartis à travers la ZIP. La volonté affichée est la préservation, ou l’amélioration, si nécessaire, de l’habitat d’une avifaune particulièrement riche, incluant des espèces rares.

 

2. Des terroirs valorisés en dépit de l’activité portuaire ?