Effacement des discontinuités ?

I- La « reconquête du front d’eau » comme objectif d’aménagement à Issy-les-Moulineaux

c. L’effacement des discontinuités socio-spatiales ?
L’autre thématique récurrente dans le discours des responsables de l’aménagement urbain est celle de la mixité socio-spatiale. Elle est évoquée comme l’effacement de ruptures entre catégories sociales, mais aussi entre secteurs d’activités, à l’échelle de la ville. Ainsi, le PLU prévoit un pourcentage minimal de 20% de logements sociaux, conformément à la loi SRU, dans tous les projets, mais la municipalité, soucieuse de rattraper son retard en la matière, en impose fréquemment 25 à 30% au promoteur. En effet, Issy-les-Moulineaux est une commune de la banlieue ouest, à haut niveau de revenu moyen, qui cherche à rattraper son retard en matière de logements sociaux, tout en construisant essentiellement des bâtiments de standing. 
En outre, suivant ainsi les préceptes actuels de l’urbanisme (IAURIF, 2010b), les ZAC d’Issy-les-Moulineaux sont présentées comme « fonctionnellement mixtes », réunissant sur un même site des logements du parc privé, des logements sociaux, des bureaux et des services. C’est bien le cas pour les ZAC des « Bords de Seine » et des « Chartreux », mais pas pour les projets « Pont d’Issy » et « Cœur de ville » par exemple, centrés sur les bureaux. Cette mixité traduit la volonté de réduire les ruptures entre les îlots au sein de la ville et de tenter de ne pas recréer une coupure entre une urbanisation du front de Seine réservée à une activité et le reste de la ville.
La discontinuité, pour les aménageurs, est donc d’abord paysagère et ensuite, par nécessité, sociale. Elle est comprise comme une rupture dans l’urbain. Son effacement est mobilisé comme leitmotiv de l’urbanisme, avec des instruments réglementaires, mais ne semble pas toujours se traduire dans les faits par une réelle continuité dans les éléments du tissu urbain.

II- Un effacement incomplet et un report des discontinuités