Des terroirs ?

2. Des terroirs valorisés en dépit de l’activité portuaire ?

Dans ce contexte, l’on peut s’interroger sur la possibilité de mettre en valeur les territoires terrestres et maritimes comme des terroirs en dépit de l’emprise portuaire et de l’empreinte de ses activités. Celles-ci s’inscrivent en effet dans un paysage marqué en profondeur par le port, et dans un espace nécessairement soumis, peu ou prou, aux nuisances de celui-ci.
À titre d’exemple, Port-de-Bouc, petite ville située entre la Joliette et Fos, arbore fièrement un Pavillon bleu pour une plage qui donne, à l’arrière, sur des usines sidérurgiques et vers le large sur les navires porte-conteneurs qui arrivent et partent du port.
Il existe à proximité de Port-Saint-Louis du Rhône, du côté du port, un élevage de fruits de mer, de dimensions modestes, qui se trouve également dans le périmètre maritime du GPMM. Cet élevage nous a été présenté comme une Appellation d’Origine contrôlée (AOC), mais elle n’est pas inscrite à ce registre. Il s’agit des moules de Cartaux, dont la réputation est bonne dans la région, mais qui joue aussi sur la confusion avec la Camargue toute proche.
Ces tentatives de valorisation s’expriment également du point de vue culturel. Les anciens silos à grains, situés sur les quais de la Joliette, ont été récemment réaménagés en salle de spectacle à géométrie variable et dotés de fenêtres. Mais comme l’établissement se trouve sur le territoire du port, afin que l’on puisse y accéder facilement, des passerelles passant au-dessus des grilles ont dû être construites, conférant au bâtiment une sorte d’extraterritorialité par rapport au port.

Ainsi, les tentatives de valorisation des territoires entourant le port, qu’elles soient de nature touristique ou conchylicole comme dans les exemples précités, laissent planer un doute sur leur capacité à s’affranchir des nuisances portuaires, en dépit des garanties qu’elles s’efforcent de mettre en valeur.