Conclusion

L’art est donc au cœur d’une politique municipale ambitieuse à Nantes. Pourtant on peut se demander s’il n’est pas parfois une vitrine alléchante posée devant une réalité plus complexe. L’art est choisi, sélectionné par les acteurs politiques eux-mêmes. Il se déploie dans un cadre ordonné et pensé par la ville de Nantes et ainsi mis au service d’un discours sur l’espace urbain. Il est frappant de constater qu’on parle moins d’art à Nantes que de culturel voire même de création. Cette distinction est prédominante dans toutes les activités artistiques qui jalonnent l’espace urbain et le calendrier municipal.

Aussi, le discours officiel cherche à mettre en avant une politique avant culturelle plus qu’artistique, cette politique étant bel et bien au service de la ville de Nantes et de sa cohésion. Pourtant, cette relation entre les Nantais et l’art est moins évidente parfois que ce qu’on laisse croire. Interrogés, peu de Nantais se sentent réellement concernés, entre autres, par le projet de l’Ile de la Création par exemple. Cet espace est toujours perçu comme périphérique. Seules les Machines de l’île sont connues et appréciées.

Les initiatives de la ville de Nantes pour le réaménagement et la réappropriation par l’art de ce territoire en friche sont sans doute trop peu souvent portées à la connaissance des habitants de la ville. L’art à Nantes serait-il donc davantage tourné vers l’extérieur que vers l’intérieur ? Autrement dit, l’art serait-il avant tout destiné au rayonnement de la ville plutôt qu’à ses habitants ? Le projet de l’Ile de la Création étant en cours de réalisation, il serait à ce sujet intéressant d’étudier ses impacts sur la perception et les usages des habitants de Nantes d’ici quelques années.