Conclusion

Conclusion

 
Si les berges de la Seine et de la Marne à Alfortville offrent en premier lieu une impression de désaffection sociale et culturelle, des initiatives récentes tentent de « créer du lien avec le fleuve ». Les différents épisodes de crues dévastatrices ont fortement marqué l’identité alfortvillaise, construite en opposition avec la Seine, et peuvent en partie expliquer le désintérêt des habitants pour les berges, considérées comme des espaces-tampons bien plus que comme des lieux de vie. Les nouvelles logiques de revalorisation des berges diffèrent selon les acteurs, se heurtent à des contraintes et des incertitudes mais l’objectif commun, la « mise en valeur » des berges, représente un changement majeur dans la conception du rapport entre la ville et le fleuve. Il s’agit pour les Alfortvillais de franchir la distance physique et symbolique qui les sépare de la Seine et de renouer volontairement le lien avec le fleuve en cherchant sa proximité comme un atout et non en lui tournant le dos pour fuir les risques qu’il représente.
La tendance actuelle de revalorisation ponctuelle des berges de Seine semblerait conduire à leur gentrification progressive. Séduites par le faible coût de l’immobilier à Alfortville et un discours mettant en exergue les atouts naturels de la commune contribuant à la qualité du cadre de vie, des catégories sociales relativement aisées, travaillant à Paris, sont venues s’installer dans certains quartiers nouvellement construits en bord de Seine. La transition de la désaffection à la gentrification des berges de la Seine et de la Marne à Alfortville est encore en cours de réalisation. Force est toutefois de constater que la transformation radicale des représentations des berges par les différents acteurs est, quant à elle, bien effective : d’espaces rejetés, mis à distance, elles sont devenues de nouvelles centralités, des espaces recherchés et valorisés, économiquement comme symboliquement.